Déployer des PROMs et des PREMs pose trois questions concrètes : quel questionnaire choisir, à quel moment du parcours, et quel taux de réponse en attendre.

PROMs vs PREMs : deux mesures, deux objets

PROMs : la mesure du résultat perçu

Un PROM (Patient-Reported Outcome Measure) mesure le résultat clinique tel que le patient le perçoit : douleur, fonction, qualité de vie liée à la pathologie. Il répond à une question : « Comment va le patient, de son propre point de vue, après cette intervention ? »

Exemples de PROMs orthopédiques : KOOS (genou), HOOS (hanche), DASH (membre supérieur), ou encore le HADS pour le dépistage de l’anxiété et de la dépression en contexte périopératoire.

PREMs : la mesure de l’expérience vécue

Un PREM (Patient-Reported Experience Measure) mesure l’expérience de soin : accueil, clarté de l’information, délai de prise en charge, coordination de l’équipe. Il répond à une autre question : « Comment ai-je vécu mon parcours de soin ? »

En France, le programme national de référence est e-Satis (Haute Autorité de Santé), qui recueille l’expérience des patients hospitalisés en MCO. L’indicateur est obligatoire pour les établissements de santé, chirurgie ambulatoire comprise depuis 2018, dès 31 séjours par an dans la population visée. Les résultats sont publiés.

Le tableau récapitulatif

PROM PREM
Mesure Résultat clinique perçu Expérience de soin vécue
Question type « Comment va mon genou ? » « Comment s’est passé mon accueil ? »
Exemples KOOS, HOOS, DASH, HADS e-Satis, enquêtes de satisfaction
Usage principal Suivi clinique, décision partagée Démarche qualité, certification

Pourquoi ça compte

Une démarche qualité objectivée

Disposer de séries de PROMs pré- et post-opératoires permet d’objectiver l’impact d’une pratique et de comparer des techniques ou des protocoles, au-delà des indicateurs médico-administratifs.

Ce qui est imposé, ce qui est encouragé

La mesure de l’expérience patient est déjà obligatoire en établissement, par e-Satis. Le PROM, lui, relève du choix. La Haute Autorité de Santé en soutient l’usage et le rattache à la certification des établissements, au critère 3.2-01. Elle laisse à chacun le rythme et la portée. Aujourd’hui, les PROMs restent à l’initiative de l’établissement et du praticien.

Le recueil reste donc volontaire. La démarche vaut pour ce qu’elle produit : des chiffres sur vos propres résultats.

Instruments génériques vs spécifiques

Les instruments PROMs se répartissent en deux grandes familles :

  • Instruments spécifiques : dédiés à une articulation ou à une pathologie précise, avec une sensibilité clinique fine. Le KOOS (genou) et le HOOS (hanche) se lisent en 5 sous-échelles indépendantes, chacune lue séparément : symptômes, douleur, fonction quotidienne, fonction sport/loisirs, qualité de vie.
  • Instruments génériques : applicables à un territoire anatomique plus large, voire transversaux. Le DASH (30 items, score global 0-100) couvre l’ensemble du membre supérieur ; le HADS est un instrument transversal de dépistage anxiété/dépression, particulièrement pertinent en période pré-opératoire.

Le détail de chaque score, structure, sous-scores et seuils d’interprétation, est dans notre glossaire des scores.

Comment les déployer en pratique

Le bon questionnaire au bon moment du parcours

Le piège le plus fréquent : multiplier les questionnaires au lieu de les rattacher à des points cliniques précis : consultation initiale, J-7, J+45, 3 mois, 6 mois. Un protocole définit, pour chaque étape, quel questionnaire part et pourquoi. C’est ce qui évite les rappels redondants.

La collecte numérique

Le passage du papier à un portail patient numérique change le taux de complétion : envoi automatisé aux bonnes étapes, relances programmées, saisie directement exploitable.

Le taux de réponse

Un instrument ne vaut que par le taux de réponse qu’il obtient. Les leviers connus : un portail qui s’ouvre d’un lien, des rappels calibrés, un nombre d’items raisonnable par envoi. Une version courte de l’instrument sert le même objectif, quand elle existe.

En pratique dans NOALA

Le module de scoring calcule le score global et les sous-scores dès la soumission du patient, puis situe le résultat selon les barèmes publiés de l’instrument. Le résultat parvient tel quel au praticien, à qui revient la suite.

Les licences d’usage des instruments s’obtiennent auprès de leurs auteurs.